Deux corps allongés partageant un plaisir solitaire soustrait aux ombres de la nuit. Une nuit à eux seuls, des baisers souples noyés dans l’écho de cascades des mots et du soupir de leur abandon. La langue en entonnoir entoure son sein galbé,
l’effleurement de ses lèvres l’emporte vers une soif grandissante et l’envie de cette mèche brulante de disparaitre au plus profond de sa chair font fondre toute sa peur. Cette envie est l’étincelle qui garde en vie la flamme de leur passion.
Dans la prémisse de son désir, dans la douleur de ce désir caché elle perd son masque et de mots au dessus de l’audace murmurent les fragrances de ses désirs, le yin et le yang du désir de se vouloir, de se compléter, d’un sourire de naufrage, d’une énigme d’un geste et de surmonter ensemble cette peur aux couleurs de l’amour.
Sans retenue, sans complexe, un geste insouciant d’un coup de rein, l’homme, dans sa nudité exposée, devient vulnérable et dans son imparfait devient parfait. Au débordement intempestif d’une demande martelant les vertus, jouissant dans un fantasme inconscient, leste, l’homme devient naturel, aphrodisiaque, presque animal.
Serrée contre lui, ils entament un voyage vers une destination que seuls les amants connaissent. Plus rien n’existe dans le couloir de l’amour où ils se retrouvent. Ils sont seuls dans leur monde, un instant, un instant de bonheur parfait où la nuit sillonne leur corps et où le calme du silence témoigne de leur complicité.
Sur le noir de la nuit, ils sillonnent, cascades d’embrun, rêves, crachin de brune invisible, frison de plaisir, réalité, la vie, une vie, la nuit, une nuit noire, noire de désirs jusqu’au fonds des entrailles. Deux cœurs, deux étoiles, si proche, si lointain et sur le fond d’une nuit noire, ils touchent enfin à l’absolu.
MR



