
Je me réveille enfin dans ma réalité. Il n’y a plus rien d’autre qu’une bouffée d’air, un long soupir. Un long sourire, les enfants n’y sont plus, ils ont enfin quitté le nid familial. Le fiston entame sa dernière année universitaire, dernière année de liberté juvénile, et la fille débute sa première année loin de tous. Une réalité pour tous, une gorgée de liberté pour lui, une année d’apprentissage de la vie pour elle et pour moi, un gouffre d’angoisse. Ce soir les notes des souvenirs égayent ma mémoire et donnent vie au silence de la nuit tombante. Les photos qui tapissent les murs deviennent des tableaux vivants et retracent les histoires passées. Je m’accroche en souriant au travers d’une larme qui persiste à couler en file argenté jusqu’aux lèvres, en état de suspension. Je souris aux yeux dansant et aux bouches immobiles qui semblent murmurer des pacotilles enfantines.





