
“Ce texte a été publié sur FWIyapin par Marcelle Roujade. Lorsque j’ai lu ce texte, j’ai immédiatement voulu le faire partager à mes lecteurs. Il décrit une réalité antillaise à travers une belle prose, et nous remet les idées en place de fort belle manière. Assurément un beau coup de plume.”
Hervé, Rédacteur de FWIyapin
Une longue plage de sable blanc qui brule les pieds, aux hauteurs du soleil de midi. Cette plage est bordée de cocotiers et d’amandiers qui miroitent des ombres sur une frange de sable doux. Ce paysage semble dégager une fragrance envoûtante qui se mélange aux chuintements des vagues bercées par une mer aux eaux chaudes et cristallines. Cet ensemble peint une très belle douceur de vivre.
La Guadeloupe, Gwada pour les intimes, berceau de mon enfance est belle et délicieuse. C’est un écrin qui brille sous un soleil ardent et qui scintille sous un ciel nué d’étoiles. Pourtant cet écrin cache bien des secrets. Sur le bord de cette frange de sable se trouvent aussi des mancenilliers ; arbre toxique qui par sa sève provoque de très graves brûlures. Mon neveu en garde toujours de douleureux souvenirs.
Une partie de ta population est âgée. Ces personnes âgées sont délaissées par des enfants infidèles. Mais c’est ta jeunesse qui m’intéresse.
Elle est délabrée, livrée à elle même et semble être abandonnée aux aléas de la vie. Pourquoi plonges tu ta jeunesse dans l’indiscipline et l’irresponsabilité parentale et professionnelle ? Ta jeunesse n’est-elle pas ton future? Est-elle maintenant ton mancenillier? Sa sève est-elle entrain de te brûler la peau ?
Ta jeunesse est comme dépouillée de toute sorte de rébellion digne d’une adolescence naturelle. Elle est comme hypnotisée, forcée de vivre sous une forte domination idéologique liée à une consommation esclavagiste.
Fruit à pain, figue, huile et morue, un repas de travailleur, moi connais pas, je préfère hamburger, frites et coca c’est plus bon!
Pourquoi laisser le naturel et se polluer le corps ?Télévisions à écran plat et jeux électroniques remplacent les bons vieux classique littéraires.
Jeunesse de Gwada, à l’appel ! debout ! regarde autour de toi !
Depuis quelques années il y a des jeunes antillais qui mettent les pieds dans des établissements qui leur étaient autrefois fermés. Parmi ces établissement, l’Ecole Navale de Brest. Cette école est maintenant coloriée. Des jeunes voulant faire la différence en devenant officier, second et commandant de bord sur des bateaux et des frégates de la marine française. L’ENA, l’ une des plus prestigieuse écoles française, compte dans son effectif de jeunes antillais, qui seront sans aucun doute des sous-préfets, préfets, ministres, et pourquoi pas un jour, Président de cette République Française. Une utopie à l’américaine se dira t’on! non pas du tout car à l’aube d’une année d’élection aux Etats Unis, cela semble devenir une réalité.
Dans l’aviation commerciale il y a des jeunes pilotes mais pas suffisamment. Sais-tu Gwada que tu n’as qu’ un seul pilote d’hélicoptère civile et professionnel noir dans ton effectif?
Ces jeunes-là ont entendu l’appel. Ces jeunes-là ne sont pas de fils à papa. Pas du tout. Ils sont de parents enseignants, ouvriers, et femme de ménage. Pourtant ils ont choisi la discipline. Ils se sont donnés un but dans la vie.
Gwada, pourquoi décourages- tu tes jeunes déjà angoissés ? Pourquoi infliger une assistanat intellectuelle en leur mettant dans la tète que « discipline la tro rèd, RMI pli facil. »
Pose un regard sur ces jeunes qui ont le courage et la force de surmonter les difficultés. Fais preuve de discernement intellectuel. Ils ouvrent une porte incroyable aux autres ; sois fier d’eux.
Gwada, il est temps de sauver ta jeunesse et d’anéantir les préjuges. Il est temps de s’orienter vers d’autres concepts. Il est temps d’inculquer en cette jeunesse motivation, responsabilité et discipline afin d’acquérir une liberté et une fierté digne de ton nom et de ta représentation sur le plan mondial.
Debout, les jeunes, il est temps de se prendre en main !
Allez sur la route de l’aventure au pas cadencé et assuré.
Pas besoin être gros, pas besoin d’être fort, pas besoin d’être mince, beau. La discipline est trop dure, vous direz. Mais il suffit d’avoir du cran, de vouloir. C’est impossible, vous direz.
Juste un peu de bonne volonté pour commercer et vous verrez.
Ne gâchez pas vos années de jeunesse. Vous avez entre vos mains la richesse de vos lendemains, les promesses de jours meilleures. Ne les noyez pas dans le désarroi, mais plutôt dans l’ivresse de la jeunesse.
Marcelle Roujade